Démarches
De Ligamen.
Les postulats fondateurs des interventions de LIGAMEN sont les suivants :
Chaque acteur est porteur de compétences et de connaissances, non explicitement reconnues.
Chacun peut contribuer à l’apprentissage des autres.
La valeur est dans la complémentarité des compétences.
La reconnaissance de la transversalité du rôle de chacun est moteur d'une organisation en réseau.
Tel un savoir, un logiciel fait partie du bien commun.
Et sont inspirés des philosophies suivantes :
Le mouvement d'Analyse Institutionnelle (George LAPASSADE, René LOURAU, Remi HESS, Les Irraiductibles)
Les Arbres de connaissances (Michel AUTHIER, Pierre LEVY, Michel SERRES),
Les Réseaux d'Echanges Réciproques de Savoirs (Claire et Marc HEBER-SUFFRIN)
Le Logiciel Libre (Loic DACHARY, Richard STALLMAN).
POSTULATS FONDATEURS
Chaque acteur est porteur de compétences et de connaissances, non explicitement reconnues.
Une compétence permet de produire un résultat pour résoudre un problème et rendre service. Une connaissance aide à comprendre un problème. La vie est résolution de problèmes. Chacun a un vécu et a donc été confronté à de multiples problèmes, que ce soit dans un cadre professionnel ou personnel. Toutes ces expériences font que chacun a développé des compétences et des connaissances. Mais ces richesses sont rarement nommées, conscientisées, ni explicitées. D'autant plus que les cadres institués de reconnaissance, par postes de travail ou diplômes, n'incitent généralement pas à la valorisation du profil de compétences propres à chacun. Ainsi chacun est porteurs de compétences et de connaissances, non explicitement reconnues.
Une cartographie de connaissances rend visibles les compétences portées un collectif. Et ce support permet à chacun de prouver ses compétences par l'apport de connaissances.
Chacun peut contribuer à l’apprentissage des autres.
L'intérêt précède la connaissance et la connaissance est issue d'expériences. Toute personne élevant ses expériences à une problématique commune et la soumettant à un questionnement complet, peut faire part d'une connaissance fiable, c'est à dire qui rend service. La qualité du témoignage sera proportionnelle à la multiplicité de ses expériences et à l'intensité de son intérêt pour le problème en question. Ainsi, à l'aide d'instruments intellectuels composés de questionnement, chacun peut faire part de sa connaissance ou échanger sur son savoir. Et contribuer ainsi à l'apprentissage des autres, tout en nourrissant son intérêt personnel.
Une cartographie de connaissances permet à chacun de déclarer sa volonté d'être sollicité par les autres, pour des échanges de savoirs concernant un objectif commun, puis d'organiser des mises en relation.
La valeur est dans la complémentarité de compétences.
Une problématique est un ensemble bien lié de problèmes que l'on ne peut pas résoudre un à un, selon une logique cartésienne. Chaque collaborateur produit un résultat pour résoudre un problème, par exemple la rédaction d'un cahier des charges. Puis ce résultat devient le moyen de production d'une autre personne qui agit en complémentarité, pour résoudre un problème connexe, par exemple le développement d'un prototype de logiciel. Et ainsi de suite pour, de proche en proche, co-élaborer une solution à une problématique commune. La reconnaissance des complémentarités de compétences est moteur aux coopérations et aux solidarités. Deux compétences sont complémentaires, quand le résultat produit grâce à la mobilisation d'une compétence, devient moyen de production d’un autre résultat, par un autre compétent. Par exemple, « Rédiger un cahier des charges » est complémentaire à la compétence « Développer un prototype de logiciel ». Ou encore : « Clarifier les orientations stratégiques d'une structure » est complémentaire à la compétence « Décider les objectifs opérationnels d'une structure ». Les cloisonnements institués par département ou par discipline conditionnent une logique de territoire disjoint, qui incite davantage aux redondances de compétences et aux concurrences, qu'aux coopérations et aux complémentarités, propre à une logique d'espaces de connaissances. Pourtant, « la valeur est l’action grâce à laquelle il peut y avoir complémentarité. Un acte a une valeur du moment qu’il résonne avec d’autres actes et qu’il peut devenir un moyen de production de nouveautés. » (Gilbert Simondon)
Une cartographie de connaissances rend lisibles les complémentarités de compétences. Un tel support permet aussi une visibilité des liens possibles entre compétences existantes.
L’innovation n'émerge t-elle pas de liens nouveaux entre compétences existantes ?
La reconnaissance de la transversalité du rôle de chacun est moteur d'une organisation en réseau.
Dans une organisation pyramidale, l’identité professionnelle d’un agent a tendance a être réduite à une position dans une hiérarchie, se traduisant par une appartenance exclusive à une classe et à un groupe. Cette appartenance unique à un poste, à un département ou à une équipe exclut son appartenance possible à une autre entité. Ainsi chaque personne a tendance à être reconnue comme appartenant exclusivement à un seul groupe. Dans une organisation en réseau, chaque acteur appartient à plusieurs groupes. De cette multi appartenance émerge une transversalité propre à chacun. « La transversalité, c’est l’ensemble des appartenances qui constituent le sujet dans sa différence à l’autre. » (Remi Hess) Une transversalité résulte d’appartenances verticales et horizontales à des groupes, au sein desquels il est possible de partager des problèmes et de mutualiser des connaissances et des ressources. Une appartenance verticale à un groupe est générée par une complémentarité de compétences avec les autres. Une appartenance horizontale à un groupe, par une communauté de compétences.
Les objectifs de ces groupes peuvent être aussi divers que la veille, le tutorat, la formation réciproque, l'amélioration des services existant, que la conception d’un nouveau service. Pour chaque participant, un arbre de connaissances permet de distinguer les compétences qu'il partage avec les autres de celles qui lui sont spécifiques, et donc le différencient des autres. Un arbre de connaissances permet aussi de repérer les personnes qui ont des compétences complémentaires aux siennes.
Une cartographie de connaissances facilite ainsi la constitution de groupes verticaux et de groupes horizontaux, pour une organisation en réseau de compétences, au plus proche des attentes de clients ou d'usagers.
Tel un savoir, un logiciel fait partie du bien commun.
Un logiciel est un processus et non un produit. C'est l’incarnation de l’idée d’une activité dans un objet fonctionnel.Par exemple l’idée de jouer au poker dans un jeu en ligne, l’idée d’écrire dans un traitement de texte, l’idée de protéger des informations dans un logiciel de gestion d’identités ou encore l’idée du mouvement d’un personnage dans un logiciel d’animation 3D. Un logiciel est en évolution permanente.
Source : cours Génie Logiciel de Loic Dachary http://fr.wikiversity.org/wiki/Faire_%C3%A9voluer_le_logiciel).
Un savoir et un logiciel poursuivent des finalités similaires : résoudre un problème ou répondre à un besoin. De même qu'un savoir, un logiciel est un bien immatériel, mais surtout c'est un bien non-rival, c’est-à-dire qu'il ne s'use pas quand on l'utilise et de nombreux utilisateurs peuvent en jouir simultanément. Nous estimons ainsi que la rationnalité d'usage d'un logiciel devrait être la même que celle d'un savoir scientifique : coopération, publication, partage, ouverture des sources, reconnaissance des auteurs, évolution du corpus etc.
La première version de Silva, logiciel permettant de générer des cartographie de connaissances est un logiciel libre, sous licence GNU GPL.
PHILOSOPHIES SOUS-JACENTES
Le mouvement d'Analyse Institutionnelle (AI) (George LAPASSADE, René LOURAU, Remi HESS, Les Irraiductibles)
Le but des interventions en analyse institutionnelle, appelées socioanalyse, est de mettre à disposition de l’ensemble des membres d’une institution, les moyens de compréhension de ses cohérences et contradictions, afin qu’ils puissent être parties prenantes de changements organisationnels. La socianalyse1 est une forme nouvelle d'intervention sociologique, dont un principe fondamental est que l'analyse se fait non sur une “ réalité sociale ”, mais sur ce qui se passe dans une situation analytique artificiellement construite. Cette situation est appelée un analyseur construit. Cet analyseur fait qu'une collectivité peut entreprendre elle-même sa propre analyse.2 Un arbre de connaissances, cartographie des compétences d'un collectif est un analyseur construit. Les concepts phares de l’analyse institutionnelle sont institué, instituant, implication, institutionnalisation, effet de falsification, analyseur, dispositif, commande...
La démarche des Arbres de connaissances (Michel AUTHIER, Pierre LEVY, Michel SERRES)
Les postulats de la démarche des arbres de connaissances sont « chacun sait quelque chose. Personne ne sait tout. Le savoir est dans l’humanité » Les auteurs de la démarche ont été réunis lors d’une mission intitulé « Université de France » conduite par Michel Serres à la demande d’Edith Cresson en 1992.
http://ligamen.org/RapportSerres.pdf
Ce rapport propose « un dispositif technique et social nouveau, grâce auquel tous les citoyens peuvent bénéficier, sur leur demande, d'une carte à puce, nommée blason, sur laquelle un certain nombre de brevets, parmi un ensemble nouvellement inventé, permet de dessiner leur profilrespectif d'expertise individuelle. Mis ensemble, ces blasons dessinent, à leur tour, le profil d'expertise du collectif dont ils font partie : il prend la forme d'un arbre. Entre les blasons et l'arbre, s'ouvre donc un espace, créateur d'un lien social nouveau, fondé sur le savoir et le savoir-faire, et apparaît l'image, visible, des possibilités et des besoins, en temps réel, de cette collectivité. » La démarche et le dispositif sont expliqués dans le livre les arbres de connaissances, publié en 1992, et réédité en 1998. A la suite de la mission qui n’a pas pu aboutir suite au changement de gouvernement, les auteurs du livre créèrent la société Trivium qui développa Gingo, le logiciel des arbres de connaissances. La société fonda son modèle économique sur la vente du logiciel et non sur les services associés, et opta ainsi pour une licence propriétaire. Les décisionnaires et actionnaires de Trivium dont l’objectif devint surtout technique et financier s’écartèrent progressivement de la démarche à l’origine du logiciel.
Les Réseaux d'Echanges Réciproques de Savoirs (Claire et Marc HEBER-SUFFRIN)
Les auteurs de la démarche des arbres de connaissances se réfèrent aux pratiques des Réseaux d'Echanges Réciproques de Savoirs, inspiré de la pédagogie Freinet et des mouvements d’éducation populaire.
Dans un réseau, chacun sait quelque chose et peut contribuer à l’apprentissage des autres. Des médiateurs aident chacun a exprimer ses offres et ses demandes de savoir, et organisent les mises en relations et le suivi des échanges. Chaque participant du réseau peut devenir médiateur. La réciprocité s’exprime de la façon suivante : une première personne qui offre un savoir à une seconde personne peut recevoir en contrepartie un savoir d'une troisième personne. La personne à laquelle vous donnez n'est pas forcément celle de qui vous recevrez. Les savoirs ne sont pas hiérarchisés. Il est admis, par exemple, d'offrir une recette de pâte brisée en échange de cours de mathématiques, d'une initiation à Internet et d'une conférence sur Platon. Et il y a absence de contrepartie financière.
http://fr.wikipedia.org/wiki/RERS
Le logiciel libre
« Des débuts de l'informatique et aux années 80, les programmeurs de logiciel trouvaient tout à fait naturel le fait de partager les codes sources de leurs programmes. Cette démarche était encouragée par les constructeurs d'ordinateurs, comme IBM par exemple. Le logiciel libre existait déjà dans la pratique si ce n'est dans la forme juridique. Au début des années 80, différents éléments ont remis en cause cette habitude de partage, et la notion de logiciel propriétaire va apparaître par la création notamment de licences d'utilisation restrictives. L'un des plus célèbres hackers du MIT, Richard Stallman considérait que cette nouvelle conception de l'informatique était aux antipodes de la manière naturelle de travailler, qui est à rapprocher des pratiques scientifiques de publication, de partage, de revue par les pairs.
Face à cette situation, et pour sauvegarder l'informatique libre, Richard Stallman a initié en 1983 le projet GNU (GNU est un jeu de mots récursif signifiant GNU's Not Unix). Ce projet visait à concevoir un système d'exploitation complet et entièrement libre. Ce système serait compatible avec UNIX, mais serait différent. Aujourd'hui ce système existe, et s'appelle GNU/Linux. Pour soutenir le développement du projet GNU, la Free Software Foundation (http://www.fsf.org) a été créée en 1985. Pour valider ce système, une base légale est nécessaire. Cette base légale, créée de toutes pièces, est la licence GNU GPL (pour GNU General Public License). La GNU GPL est la licence des logiciels libres par excellence. Elle détermine des conditions de distribution qui garantissent les libertés de l'utilisateur. On peut estimer à plus de 70 % le nombre de logiciels libres qui sont protégés par la GNU GPL. »
Source : http://www.april.org/articles/fiches-cdc/logiciel-libre.html

